REVELL  04909 1/144 Saturn V

REVELL 04909 1/144 Saturn V [2014]

 

Impressions générales.


Le kit proposé par Revell est une réédition de la maquette Monogram sortie en 1968, soit un an avant le premier alunissage. De ce fait, Monogram s'est basé sur des documents qui concernaient des versions antérieures au vol Apollo XI. Ceci les a conduits à commettre certaines erreurs par rapport à la version censée être représentée. Tout d'abord, et ce n'est pas le moindre, la version du CSM représentée est un Block 1, alors que celle des missions habitées est un Block 2. Le diamètre du CSM est aussi inférieur à la réalité de 12%. La partie conique contenant le LEM (le SLA) se trouve de ce fait trop pointue.
On peur remédier à cela si l'on veut une meilleure représentation en se
procurant le set de correction  en résine de Realspace Models : http://www.realspacemodels.com/index.htm. Un autre point concerne la clarté de la notice, qui une fois de plus n'échappe pas à la règle. A titre d'exemple, le nombre des rétrofusées sur l'anneau de jonction 1er /2eme étage fournies par Revell est de 8, ce qui correspond aux versions jusqu'à Apollo X. Revell en indique bien 4 sur la notice mais ne dit pas que les 4 autres sont à laisser. Ce doute est entretenu quand ils disent de coller sur le CSM , 4 modules de jets d'orientation qui, en réalité, sont moulés avec le revêtement dudit CSM. Enfin, la pièce 17 est notée en double sur les grappes de la notice, alors qu'il n'y en a qu'une en réalité.

Le plastique est dur à souhait comme on en a toujours fait chez Monogram.

La maquette comporte nombre de parties mobiles, ce qui en fait plus un modèle de démonstration qu'une maquette hyper réaliste. J'ai donc choisi de la monter dans l’esprit ou elle a été conçue, laissant la possibilité d’assembler et démonter les étages à volonté, par encliquetage ou par effet de baïonnette. Ceci permet aux plus jeunes d’entre nous, qui n’ont pas eu la chance de vivre la conquête de la lune en direct, de se représenter les différentes phases du voyage.

 

 

Premier étage.

 

Deux demi tubes, une terminaison supérieure et une inférieure constituent le premier étage.

 Malgré beaucoup d'attention, les demi cylindres ne joignent pas parfaitement et il faut poncer puis mastiquer. Ceci implique la regavure des parties striées. On sent bien, au sens propre, la provenance américaine de cette maquette ; en effet, l'odeur qui se dégage du plastique poncé est typique des productions Monogram. La partie propulseurs est constituées de 5 réacteurs qui ne comportent pas le matelassage isolant appliqué lors des vols réels. En termes de peinture, les différentes photos consultées donnent des finitions différentes. J'ai opté pour un Duralumin.

 

Deuxième étage.

 

Cet ensemble se construit par la même opération d'assemblage des demi-cylindres.

 La partie basse et obturée par une platine comportant des moignons de réacteurs. Le traitement de cette pièce n'est vraiment pas à mettre au crédit du fabricant. On aurait pu espérer une mise à niveau de ce coté ci, comme a su le faire Airfix avec sa représentation de la même fusée. Si l’on veut détailler cet ensemble, on peut se procurer des pièces en résine, qui épargneront le scratch intégral, chez Martin’s Models (http://martins-models.co.uk/ ). Lui aussi, entre autres, fournit un CSM aux bonnes dimensions. La partie supérieure est percés d’un orifice permettant le logement du propulseur du 3ème étage. On regrette un grand vide à l'intérieur. Les photos que j’ai pu consulter laissent penser à une peinture Zinc Chromate. La jonction avec le 3eme étage se fait par une section tronconique. Comme dans la réalité, le 1er et le 2eme étage sont accouplés au moyen d’une bague permettant le dégagement des propulseurs du 2eme.

 

Troisième étage.

 

L’assemblage ne diffère pas des deux précédents, sauf pour la coiffe du SLA. Cette fois ci, pas de souci de jonction des demi cylindres. Le logement du LEM est constitué d’une bague sur laquelle on fixe, par des articulations, les quatre pétales ouvrants du SLA. Les pièces du mécanisme sont assez grossières, mais suffisamment solides et ne sont pas visibles, une fois l’ensemble fermé.

Le LEM, quant à lui est très basique et fortement sous dimensionné, mais il n’est là que pour illustrer la façon dont il prend place dans la fusée et la phase d'accouplement à la capsule.

 

 

CSM

 

Nous l’avons dit plus haut, l’ensemble est sous dimensionné. L’assemblage est des plus simples. Le propulseur, lui, semble à l’échelle, et donc disproportionné par rapport au module. La capsule est constituée de 2 pièces, un bouclier thermique et un cône.

La fusée de secours en phase de décollage est composées de 2 pièces qui viennent sur  une coiffe qui recouvre la capsule. Elle met le point final au montage.

 

 

Peinture et décoration.

 

La peinture est simple, mais nécessite du temps si l'on veut rendre correctement l’aspect de la fusée. Nous sommes en présence d’un appareil à usage unique. Il serait donc incongru de prétendre au moindre vieillissement. Ici, il s’agit plutôt de garder la maquette propre du début à la fin des opérations de peinture. La peinture et blanche et noire ; les touches de couleur rouge étant apportées par les décalques fournies par Revell.

Tout d’abord, et non du moindre, il faut rattraper les zones mastiquées. Pour cela, j’ai utilisé un blanc couvrant en bombe Skull White de Citadel. L’inconvénient, cependant, est le rendu poudreux de la surface peinte, qu’il faut donc lustrer avant de poursuivre. Ensuite, passage d’une couche de blanc Humbrol acrylique en bombe, puis masquage et peinture noire Humbrol, toujours en bombe.

Attention aux zones ondulées, la peinture ayant tendance à passer sous les caches à ces endroits.

Le CSM et le LEM sont peints en alu Humbrol en bombe.

 

 

Conclusions.

 

Nous ne sommes pas en présence d'une maquette de première jeunesse.

Ceci ne veut pas pour autant dire qu'elle est dépassée, loin s'en faut. Cette Saturn V constitue une bonne base d'amélioration ou, comme présenté dans ces lignes, une maquette de démonstration qui se suffit à elle seule.

Une représentation récente (donc, à priori, mieux documentée) d'origine asiatique au 1/72 n'est pas exempte d'erreurs si l'on en juge par l'analyse qui en est faite sur le site de Martin's Models. Ne boudons pas notre plaisir ; chacun pourra choisir le niveau de finition qui lui convient, et le prix reste abordable.

 

A la fin de ce montage, j'ai découvert le site de l'artisan tchèque aRRa models (http://www.arramodels.cz) qui produit une petite gamme de kits "espace" au 1/144, notamment, aussi, un CSM de dimensions correctes. Pour ma part, afin de tester ses produits, j'ai choisi son V-2/A4. Maquette toute petite à coté de la Saturn V. Dans la réalité, les 2 engins ont le même concepteur et seulement 25 ans les séparent.

La résine est propre et sans bulles et le kit comportant peu de pièces, se monte bien ; quelles petites pièces sont fournies en photodécoupe. En projet chez ce fabricant,la rencontre Apollo /Soyuz.


Merci à Revell pour la fourniture de la Saturn V.

 

© B. Nédelec / Modelstories 2014

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