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Azur / Air Magazine 1/32 Morane Saulnier MS 406C

Azur / Air Magazine 1/32 Morane Saulnier MS406C  [2005]
                                                                       
                                                                                 
Après ses premiers pas dans le 1/32ème avec la sortie attendue de son Dewoitine D 520, il y a quelques années, Azur, maintenant spécialiste confirmé de l'Armée de l'air, continue sur sa lancée en nous proposant aujourd'hui le Morane 406 à la silhouette si rustique et bien connue de tous.
Le fabricant franco tchèque a fait là un bon en avant dans la qualité générale.
Le modèle est multi matériaux (injecté, photodécoupe et résine) avec un moulage très fin pour les trains d'atterrissage et les rendus de surfaces fidèlement reproduits pour différencier notamment la tôle et l'entoilage.
Les formes rondouillardes sont bien restituées et le cockpit bien fourni, tiens presque à lui seul sur une grappe entière !.
Les pièces transparentes sont très belles et sont en 3 parties permettant ainsi de représenter un cockpit ouvert.
2 décorations sont proposées pour des appareils assez connus de la Bataille de France en mai et juin 1940.
Espérons tout de même que les accessoiristes s'intéresseront prochainement à ce modèle pour des livrées plus inhabituelles (Suisse, Finlandaise ou Croate...).
                                                                                               
Le cockpit, superbement équipé, est une véritable petite maquette à lui seul. L'essentiel est bien là et est reproduit assez fidèlement avec un apport de détails très appréciable pour l'échelle. On peut noter entre autres le demi plancher orientable et la minutie des surfaces du coussin de siège. Le seul gros défaut constaté provient des films de l'instrumentation représentés en « positif » alors qu'elle devrait être blanche sur fond noir comme sur l'avion réel. Il vaut donc mieux faire l'impasse sur la finesse des cadrans et respecter plutôt la réalité en retouchant chaque instrument en noir et refaire en simulant par grattage à la lame X-Acto neuve les aiguilles. Une couche de vernis brillant fera parfaitement illusion pour l'ensemble.
Le métal du harnais est très fin et permet de mettre en forme facilement les lanières de façon réaliste. Quelques câbles en étiré sont ajoutés au niveau des volants de Trim et du manche à balai. L'ensemble est décoré avec une combinaison de 2 teintes générales ; les parois et la planche de bord en bleu sombre Humbrol 104 et les cadres, planchers et siège en gris bleuté H 27. Ce procédé permet d'obtenir une certaine profondeur par variétés de tons pour un cockpit censé être monochrome.
La plaque dorsale du pilote est légèrement arrondie aux extrémités supérieures.
Les échappements très fins en résine se posent en place sans problème mais il faut rogner légèrement un coté de la plage arrière (C21 et C27) pour fermer correctement les demi fuselages.
L'assemblage du gros œuvre (fuselage et voilure) comporte quelques joints à mastiquer, notamment sur le capot juste devant le pare brise et sur les raccords Karman pas toujours très symétriques d'un coté à l'autre. Tout cela est facilement perfectible par simple ponçage et masticage soigneux.
Les gouvernes et dérive arrières séparées peuvent être représentées braquées. Les 2 petites grilles en photodécoupe très fine des entrées d'air de capot devront être légèrement arasées pour épouser les carénages C19 et C12.
On n'oubliera pas au passage de percer les orifices pour la barre de levage à l'arrière de chaque coté du fuselage, absents sur le modèle.
Le radiateur ventral est assez réussi et suffisamment détaillé pour faire illusion. On peut cependant y ajouter 2 petites barres en profilé Evergreen sur l'avant de la grille.
Les trains d'atterrissage sont très beaux, notamment au niveau des sculptures des flasques de roues ; on y ajoute, en plus des tiges (étiré ou fil de cuivre) sur les barres de rétraction, les conduits de freinage (en profilé Evergreen pour cette échelle) sur les jambes principales ainsi que du câblage relié aux fonds des puits.
La longue antenne ventrale en résine a du être remplacée par une pièce en carte plastique, celle d'origine étant trop déformée sur la grappe. Attention, elle devra être déployée verticalement si l'on désire présenter l'avion en vol (sur socle et trains fermés).
Vient ensuite la grosse déception de ce modèle ; les verrières. Les 2 parties arrières (coulissante et plage arrière) sont légèrement trop étroites par rapport aux rebords du cockpit mais elles se collent tout de même en place sans complications. En revanche, le cas du pare brise est beaucoup plus préoccupant ; celui-ci est bien trop étroit et légèrement trop oblique vers l'arrière. Si l'on veut utiliser la pièce d'origine, la solution consiste à inciser au scalpel l'un des montants principaux par l'intérieur afin d'écarter l'une des facettes et rétablir ainsi la bonne largeur. Il faut ensuite, au moment du collage définitif, surélever l'ensemble à l'aide d'un morceau de rondelle Evergreen pour présenter la pièce en position bien droite par rapport au fuselage. Il n'y a rien de bien compliqué mais il faut faire preuve de doigté et de délicatesse malgré la frustration !.
On obtient un joint de près de 2 millimètres par endroit à boucher au mastic Prince August, plus facile à utiliser et à poncer pour ce genre de chirurgie.

Pour terminer, les hélices fournies en option (Ratier ou Chauvière) sont très belles mais assez problématiques quant à leur choix d'utilisation non mentionné sur la notice selon les versions de l'appareil. Ici, c'est le modèle de type Ratier (cône et pales plus longues) qui est retenu, au vu des photos de l'avion concerné.
Enfin, les 2 feux de position des saumons d'ailes, fournis en pièces transparentes séparées, sont mis en forme par ponçage et lustrage en suivant les formes générales.
L'armement est convenable mais le canon d'hélice, au moulage approximatif, est remplacé avantageusement par du tube Evergreen percé.
La mire de capot, représentée en photodécoupe pliable, est renforcée par une tige fine en étiré, la pièce en résine restant trop fragile pour éviter un dégrappage sans casse.
                                                                         
C'est l'appareil codé L 998 appartenant à la première escadrille G/C 1 / 2 qui est représenté ici.
Le camouflage, particulièrement bariolé, obtenu au moyen d'un chiffon imbibé d'essence et d'huile sur la peinture d'origine, est donc composé des 3 tons classiques « bataille de France » :
- Gris bleu foncé : Humbrol 144
- Vert moyen : H 116
- Brun foncé : mélange H 160 + H 98
- Intrados : Gris bleu clair H 87
La maquette est entièrement décorée aux pinceaux de divers calibres afin de restituer cette impression de couleurs irrégulières et bricolées «  à la va vite » comme à l'époque.
Les effets de dégradés sont obtenus par passage de lavis transparents au White Spirit sur le fond gris bleuté sous forme de vaguelettes de 2 à 3 millimètres de large puis en opacifiant la teinte vers le centre de la tache. Cette technique peut paraître laborieuse et archaique à une période ou l'aérographe constitue « la vedette » et le pinceau « la terreur » pour bon nombre de maquettistes mais l'effet « opérationnel et vécu » de la machine est garanti !. Les surfaces sont ensuite légèrement poncées à la paille de fer 000 après séchage complet pour un rendu lustré de l'ensemble.
En outre, l'originalité de cette décoration est soulignée par l'ajout de bandes rouges satinées à l'avant du capot moteur et sur la dérive, particularités que l'avion aurait reçu au début Juillet 1940 pour une raison inconnue. Les photos de l'avion crashé au sol sont pourtant formelles à ce sujet. Par pure hypothèse, on pourrait interpréter cela comme une éventuelle affectation prévue en Territoires d'Opérations Extérieures comme l'Indochine.
Les décalques sont de bonne qualité et réagissent fort bien aux assouplissants.
Les gros codes blancs d'intrados sont présentés en option, entiers ou prédécoupés en fonction des formes des puits de trains d'atterrissage, ce qui est un gage de raffinement de la part du fabricant.
                                                                                               
Conclusion :
Un modèle impressionnant et de fière allure aux cotés de 109 et autres Spitfire ou P51 à la même échelle. Les fans seront comblés à coup sûr !.
On attend la suite du programme Azur avec impatience !!.
                                                                                                                 
Documentation :

  • - MS 406 - Monografie Lotnicze n°28.
  • - Camouflages et marques Aviation Française 1938-1945 - Aéro éditions.
  • Collection « Avions et pilotes » Tome 2 - l'aviation française de 1939 à 1942 - histoire et collections.

Remerciement à TMA pour la fourniture du kit présenté ici.

© Alain Bernhard / Modelstories 2005